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Naissance en 1951.

Etudes en arts graphiques I.A.T.A. Namur , Belgique

Cours de dessin, croquis et peinture 

à l'Académie Constantin Meunier

à Etterbeek  ( Bruxelles ) en 1980 et 1981 

Diplômé de l' Académie des Beaux Arts à Namur :

Cours de peinture de et avec Jean-Pierre Gonthier 

de 1987 à 1988 et de 1998 à 2004

Stages avec Sébastien Delire en  2003 et 2004

Une immersion dans la pure nature

Loin de l'agitation des médias et de la critique, Manu Henrion peint par passion, par conviction, pour lui et pour celles et ceux qui lui accordent la reconnaissance d'une attention.

Lui-même est un contemplatif, savourant le paysage terrestre, céleste, total pourrait-on dire.

Rien d'anecdotique dans son approche picturale, une savante décantation, une ultime page comme au premier ou au dernier jour de la création du monde.

Déployés en synthèse sur l'écran de sa toile, ou de sa page, ses morceaux de cosmos en ocre-rouges, en noirs profonds, en gris givrés, en verts pimpants ou en bleu cobalt témoignent de l'univers en sa diversité et en son unité.

Le terme passe-partout d'abstraction convient mal à propos de ses œuvres : chacune d'elles renvoie à quelque chose de concret, à une saison, à une rive, à une vision vécue mais sur le monde intérieur.

Evocation essentielle d'un plan d'eau, captation fugitive d'un ciel d'hiver frémissant de vie, miroitement silencieux d'une aube d'été.

Ici , rien n'est affirmé ; tout est suggéré.

Confronté aux tableaux de Manu Henrion, le spectateur peut éprouver des émotions enfouies, primitives, essentielles si difficiles à verbaliser. Devant ces immersions dans la pure nature, devant ces apnées de couleurs et de matière, on peut humer la terre, ressentir l'eau, la mousse, le chaud, le froid, le feu, le vertige des cimes comme le mystère des profondeurs.

Mais grâce à l'habile alchimie de son art qui nous fait oublier les techniques et les recettes, par la maîtrise et l'élégance de sa palette, l'artiste nous fait passer naturellement au-delà du miroir des apparences. S'il le fallait vraiment, nous pourrions classifier ses fragments d'univers dans le genre " paysage ". On y devine une ligne d'horizon, un ciel et un sol, un plafond et un territoire mais l'appropriation est si volatile que l'on s'y égare, que l'on s'y perd avec délectation.

Voilà donc aux cimaises, une interprétation très personnelle de la géographie hors du temps, hors des modes, solitaire, dégagée de toute présence humaine. 

Ses tableaux sollicitent nos sens comme notre médiation. Face à ces brassages d'espace et de territoire, d'éléments fluides et solides, devant ces architectures fragiles venues du fond des âges, devant ces opéras géants qui soufflent le clair et l'obscur, le doux et le sévère, le fluide et le compact, nous ne pouvons que faire silence et communier avec l'artiste aux murmures de la Vie.

                                                                                                                                                           Louis Richardeau  mars 2021

 

 

 

 

Etre abstrait ne signifie pas nécessairement être dans la non-figuration , l'informel ou quoi que se soit qui s'exclut de la réalité .

Les toiles de h-uman en sont une frappante confirmation .

Elles expriment tout simplement , d'une autre façon , une variété complexe de sentiments , d'émotions ou d'expériences .

De conceptions même de la vie .

Vivre dans l'instant , saisir l'intime de l'autre , se dresser contre l'habitude , le conformisme , pratiquer un épicurisme fort et convivial,

avouer ses manques , ses penchants , ses rêves les plus exentriques , son égo envahissant , sa difficulté d'être et de dire .

Il suffit de se situer soi-même à la hauteur de ses gestes et de ses couleurs et ne pas tricher avec son désir ,

son don d'expression , sa nature profonde d'artiste .

Ce n'est pas le réel , en fait , qui est envoûtant mais la manière de le regarder ,

d'en faire une oeuvre que l'on croira toujours nouvelle et unique .

Et pourquoi ne le serait-elle pas ?

Si vous la contemplez à votre tour avec un oeil vibrant de curiosité... Un oeil qui écoute , comme le disent si justement les poètes...

 

 

                                                                                                                                                         Michel Ducobu

                                                                                                                                                         poète, écrivain, critique d'Art

 

 

 

 

 

 

Me voici face à tes toiles , Manu .

Analphabète , parfaitement .

Ni code , ni balise , ni boussole .

Je navigue aux étoiles .

C'est pourtant bien là que ça se passe , dans ce carré de fils croisés que le mystère inonde , secret , pressant ,intense .

A chaque fois , c'est une histoire muette , dont tu ne diras rien .

D'ailleurs , je ne te demanderai rien .

De ce moment furieux où le pinceau rebelle t'a soudain échappé .

De la douceur soudaine de l'air quand l'acrylique a enfin accroché la trame au bon endroit , alors que tu n'y croyais plus .

Des valses - hésitations avant de risquer un ultime coup de pinceau , longtemps retenu, et qui sera le dernier , c'est juré ,

tu n'y reviendras plus . On verra demain...

Si le geste t'appartient , il laisse aujourd'hui sur le tissu une trace opaque et palpitante , qui nous livre , presque malgré toi ,

d'étranges récits faits de feu et de sang , des espaces infinis à parcourir jusqu'à plus soif , des songes décalés et des envolées

magiques dont on ne revient pas . Magnifique cadeau .

A priori , aucun motif sérieux ne justifie d'aussi obscurs messages .

Sinon la quête tenace et insensée , du vrai , du beau , de la poésie .

Bref , la seule qui vaille pour accéder à cette course en solitaire , en repérer les rythmes , les sillages , les escales .

Et tout s'éclaire.

Ta peinture imprègne la toile comme la peau , Manu .

Caresse ou blessure . Peu importe.

Pourvu qu'elle soit belle et vive . Ce qu'elle est . Et tout est dit .

                                                                                                                                                         Marie Bolly  , le 20 janvier 2015